Les conditions de travail à France 24 se sont fortement dégradées dans les six derniers mois. Une dimension
psychosociale s’est ajoutée à une situation déjà très pénible. Le mode de fonctionnement et de
management de France 24 commence à montrer ses limites de façon inquiétante.
Ambiance de travail fortement dégradée
La surpopulation des locaux, le bruit permanent de l’open space, le manque de vraies pauses et une
climatisation défectueuse mettent le personnel dans une situation de stress négatif permanent.
L’irritabilité et le travail à flux tendu sont des facteurs de pétage de plomb fréquents.
Surcharge éditoriale
Ce que la direction appelle la « V2 », une grille des programmes avec des plages de direct multipliées par
trois, une réorganisation du travail de l’antenne qui s’est faite à la va-vite sans consultation du CHSCT.
Nombreux cas d’arrêt maladie
Depuis le lancement de la chaîne, suite à des agressions verbales, des tentatives d’intimidation ou de mise à l’écart, des salariés se retrouvent en arrêt maladie, y compris des représentants du personnel.
Hémorragie de personnel
Grande vague de départ chez les journalistes. Trente, dont quatre têtes d’affiche, ont choisi de bénéficier
de la clause de cession, mais vingt-neuf n’ont pas évoqué le changement d’actionnaire comme raison de
départ.
Tous ces symptômes sont révélateurs d’un dysfonctionnement organisationnel. La CFDT, très fréquemment
sollicitée par les salariés sur ces sujets, a alerté la direction à maintes reprises.
Si celle-ci a concédé des
aménagements mineurs, elle considère que les problèmes sont de l’ordre des personnes et non pas de
l’entreprise.
Elle n’a jamais essayé de prendre le problème à bras le corps. D’ailleurs France 24, après trois
ans d’existence, n’a pas de DUER (Document Unique d’Évaluation des Risques), un document obligatoire
que l’employeur est tenu de constituer pour évaluer tous les risques pour toutes les personnes travaillant
sur son site, de la sécurité incendie aux risques psychosociaux.
La direction a même rejeté la demande
d’ouverture d’enquête du CHSCT suite à un évanouissement survenu sur un plateau car selon elle « cet
incident (…) ne constitue en aucune façon un accident grave ».
La CFDT s’interroge sur la stratégie de gestion du personnel et met en cause l’absence de réaction de la
direction de France 24 face à une situation préoccupante pouvant impliquer des risques psychologiques
graves chez les salariés.
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