CFI, filiale et opérateur exclusif du groupe France Télévisions pour les actions de coopération, affiche une nouvelle feuille de route : chronique d’un naufrage annoncé
Il y a tout juste un an un « fonctionnaire du Quai » prend la direction de CFI : il s’empresse de détruire la nomenclature administrative pour imposer en mars 2009 un nouvel organigramme dans lequel ses amis prennent les meilleurs places et célèbrent la grand-messe de la fin de la « coopération assistée » pour mettre en place une « coopération participative » qui consiste à :
- un arrêt brutal de la banque de programmes sur le monde arabe quand CFI est en train de relancer son développement à l’écoute des demandes de ses partenaires ;
- une volte-face avec les télévisions de l’ex-Europe de l’est : CFI propose un nouveau procédé permettant un consensus dans l’achat des programmes… et trois mois plus tard on ferme le signal et on les abandonne aux sirènes du marché ;
- une pirouette sur l’Asie : CFI parlait de nouer de nouveaux partenariats mais ne retient finalement que deux ou trois télévisions à qui fournir des programmes par envoi de DVD ;
- un pas en avant un en arrière sur l’Afrique : consultation théoriquement obligatoire des partenaires tout au long de l’année avant toute décision sur les programmes ; mise en jachère du système de tatouage des programmes : quid de l’audit évoqué voilà un an ? (600 K€ investis + renouvellement des licences et abonnements Internet en pure perte) et arrêt des questionnaires de reprise mettant CFI en défaut vis-à-vis des institutions auxquelles elle a obligation de fournir des données (IAAF, FIFA) ; arrêt sans préavis de l’achat de droits sportifs mettant les partenaires en devoir de trouver des fonds propres faute de quoi les prochains événements majeurs seront repris par des consortiums privés…
Quant aux missions sur le terrain, elles sont en très nette diminution : la politique agressive de CFI visant à impliquer financièrement des pays pauvres dans le financement des projets concoure à l’annulation desdits.
Sous prétexte qu’il vaut « mieux travailler avec dix télévisions qui s’impliquent plutôt qu’avec cent », on favorise le copinage et on laisse sur le bord de la route ceux qui tentent d’apprendre et souhaitent maîtriser les canons occidentaux.
La nouvelle direction de CFI sclérose l’activité, détruit l’image, traite par le mépris les partenaires historiques… et le personnel ; tout cela avec l’aval du Conseil d’administration !
Quand la seule manière d’expliquer à nos anciens partenaires de l’Europe de l’Est que CFI les abandonne consiste à les inviter au Concorde Lafayette puis à leur faire visiter les caves champenoises – avec de l’argent public ! – il semble bien que l’on ait atteint le point de non-retour. Quand on veut noyer son chien, ne dit-on pas qu’il a la rage ?
Si le MAEE veut fermer CFI, il serait plus simple de le dire. A ce train-là, nos anciens partenaires n’auront aucun mal à justifier qu’ils se détournent de la France pour aller chercher auprès de l’Angleterre ou de l’Allemagne le savoir-faire qui leur fait défaut.
Et le personnel n’a pas à payer l’incurie de ses dirigeants qui, eux, auront toujours un reclassement, car les copains ne restent jamais sur le carreau ; le petit personnel, si !
Le Syndicat National des Médias CFDT dénonce cette analyse à courte vue et cette politique de la girouette qui s’applique depuis mars 2009 à CFI. Des solutions alternatives existent pour continuer l’action d’accompagnement auprès des médias des pays émergeants tout en maîtrisant les dépenses : encore faudrait-il que l’Etat s’en préoccupe réellement…
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