L’ina dans le viseur du sapeur Camember
La commission Copé avait tenté la manœuvre : supprimer la part de redevance allouée à l’INA pour boucler le budget de France Télévisions privée de tout ou partie de la publicité. Aujourd’hui, c’est au tour de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat de s’essayer à l’exercice, cette fois-ci au profit de l’audiovisuel extérieur.
Réunie mercredi 27 novembre 2008, la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat a retenu deux amendements du sénateur Joseph Kergueris « ayant pour objet de transférer la part de la redevance audiovisuelle destinée à l’Institut national de l’audiovisuel à l’audiovisuel extérieur, ce transfert étant intégralement compensé par un transfert équivalent à l’INA du montant de la subvention publique destinée à la holding » (communiqué du Sénat en date du 26/11/08).
Non seulement, ces amendements ne répondent pas aux objectifs fixés initialement par Nicolas Sarkozy — réformer France Télévisions —, mais ils témoignent surtout d’une difficulté de donner une cohérence au projet d’audiovisuel extérieur.
La CFDT Médias réaffirme avec force l’ancrage de l’Institut, de tous ses personnels, de tous ses métiers dans l’audiovisuel public et, par conséquent, dans un financement relevant de la redevance audiovisuelle.
Ces amendements font courir le risque d’affaiblir les liens très vivaces et fructueux de l’INA avec les diffuseurs et les producteurs audiovisuels en matière de gestion et de commercialisation des archives, de formation continue et initiale, de production exigeante et de recherche. Ils fragiliseraient de facto les salariés qui, par leur professionnalisme et leur mobilisation quotidienne, ont fait de l’Institut national de l’audiovisuel une entreprise résolument moderne et pertinente.
Appuyer ces amendements, ce serait créer un problème supplémentaire en ne se donnant que l’illusion d’en résoudre un, tel le sapeur Camember qui creusait un trou pour en boucher un autre.
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